OCCUPATION VENITIENNE

Les îles du DODECANESE en ligne de mire des côtes turques, sont parmi les premières à tomber face aux attaques ottomanes.

En 1522, les CHEVALIERS DE L’ORDRE DE SAINT-JEAN doivent abandonner leurs positions dans la région. En 1669, avec la prise de la Crète, la GRECE est intégralement occupée par les Turcs. Désormais maîtres du pays pour près de quatre siècles, les Turcs imposent de lourdes taxes et pratiquent une politique d’enrôlement de force des enfants pour en faire de redoutables soldats, les janissaires. Pour autant, ils font montre d’une grande tolérance envers la RELIGION ORTHODOXE, ce qui explique peut-être que l’identité nationale grecque ait pu survivre durant une aussi longue occupation. Ce sont d’ailleurs les églises qui, au XVIIIe siècle, organisent les premières «écoles secrètes», tandis que dans les montagnes, des bandits, les kleftes, jouent les Robin des bois contre les Turcs.

En 1814, des commerçants grecs d’Odessa fondent la Filiki Etairia, société secrète pour la libération du pays.

Le 25 mars 1821, au monastère d’Aghia Lavra, à Kalavrita, le patriarche Germanos lève le drapeau révolutionnaire, donnant le signal du commencement des combats pour l’indépendance. Les affrontements sont sanglants et le destin de plusieurs héros tragique, comme celui d’Athanassios Diakos qui meurt embroché après avoir combattu l’armée turque avec seulement quarante hommes. Ces exploits ayant réussi à toucher l’opinion publique européenne, plusieurs personnalités déclarent leur soutien à la cause grecque: le poète anglais lord Byron se rend sur place, Chateaubriand, Lamartine, Hugo, la duchesse de Plaisance prennent publiquement parti pour la Grèce indépendante. Devenu Premier ministre à Londres, Lord Canning persuade la France et la Russie d’intervenir avec l’Angleterre pour mettre fin à la guerre.

En juin 1827, les trois puissances signent un traité reconnaissant l’autonomie de la Grèce. Après deux autres années de guerre, en 1829, les Russes, vainqueurs des Ottomans, obligent le sultan à signer le traité d’Andrinople qui garantit l’indépendance grecque. Les îles du Dodécanèse, qui ont pourtant lutté pour l’indépendance, ne sont pas incluses dans le nouvel Etat grec et restent sous domination ottomane.

 

DOMINATION OTTOMANE

Du joug Ottoman jusqu’à l’idée de la révolution grecque, 400 ans se sont passés. Comment a survécu la Grèce dont la devise était la liberté ou la mort ? 

Les privilèges accordés aux Grecs. Pendant ces quatre siècles où la domination des Turcs Ottomans sévissait, les Grecs survivaient, malgré même les grands exils imposés et en général, les mesures draconiennes prises par le conquérant musulman . La tolérance de ce dernier apparut dans certains domaines (sous le nom de “pronomia“, en francais, privilèges) afin de mieux gouverner (par exemple, mieux récolter les lourds impôts). Ces avantages accordés étaient aussi utilisés par les Grecs afin de mieux s’asseoir politiquement parlant, afin de ne pas oublier la langue grecque, afin de voyager et afin de se faire à une propre organisation durable.

Avec l’aide de l’Eglise et du petit nombre de compatriotes spirituels, les “écoles secrètes” (tableau plus bas) ont été créées et les Grecs ont commencé petit à petit à ré-apprendre leur histoire et à re-découvrir tout ce que leurs ancêtres avaient réussi historiquement. Le but était ne pas perdre l’identité grecque. Dans cet objectif, les Grecs ont été encouragé et aidé par d’autres compatriotes ayant fait fortune à l’étranger avec le commerce. Dans cette Grèce assujettie, des livres arrivaient d’Europe imprimés par des éditeurs grecs. Ces ouvrages contribuaient à la renaissance spirituelle, autrement dit à la Renaissance Néohéllenique.

L’idée de la révolution grecque. Les Grecs soumis aux Turcs Ottomans n’ont jamais cessé de se révolter contre l’envahisseur. Dans cette objectif, des corps militaires irréguliers se sont formés. On les appelait Armatoles et Klephtes (tableau plus bas a gauche). Le peuple chantait leurs prouesses et exploits dans beaucoup de chansons populaires passant de génération en génération. Dans cette effort révolutionaire, les Grecs n’étaient, de toutes les puissances Européennes, qu’épaulés par la Russie. C’est avec ce grand pays chrétien orthodoxe que les Grecs espéraient un jour devenir libres.

1821, l’année de la revolution. Les Grecs pensaient être prêts à se lever contre l’immense puissance ottomane en cette période-là. Ils étaient influencés dans cette grande décision par les idées de la Révolution Francaise qui soutenaient le droit pour chaque peuple de devenir Nation libre. Une organisation révolutionnaire clandestine fut mise en place en 1814 dans ce but sacré. Elle s’appela “Philiki Etairia” (“Société Amicale”)

Le début de la révolution grecque a eu lieu en février 1821 avec le chef de la “Philiki Etairia”, Alexandre Ypsilantis, un homme provenant d’une famille réputée de Constantinople et un grand officier du tsar Alexandre 1er. Il avait sa place dans les principautés de Moldavie et de Valachie (aujourd’hui en Roumanie) puisque c’est là-bas que beaucoup de commerçants et de nobles Grecs vivaient. Malheureusement, l’aide de ces derniers n’apporta pas la victoire dans cette tentative revolutionnaire menée par Alexandre Ypsilantis (tableau plus haut à droite)

Le 25 mars 1821. Un mois plus tard, une autre révolution est mise en place dans le Péloponnèse par les politiciens, le clergé et les chefs d’armées de la Grèce soumise aux Ottomans. Ce courant révolutionnaire passa dans toute la Grèce continentale et sur les iles grecques. C’est ainsi qu’elle put durer. La révolution grecque était devenue le premier mouvement national lequel commençant à avoir du succès notamment avec Theodore Kolokotronis (tableau plus bas à gauche) meme si les puissances européennes pendant tout ce temps-là étaient hostiles. En effet, ces dernières avaient beaucoup a gagner en sympatisant avec le Sultan via la Sainte-Alliance. Au fil du temps, elles commencaient cependant à changer de camp, en voyant que la Turquie en déclin ne pouvait freiner la Révolution et que les Grecs connaissaient une série d’exploits victorieux.

Le Philhéllenisme. Beaucoup de groupes de pays occidentaux, sous l’initiative de personnalités importantes, participent de diverses manières au dur combat inégal des Grecs en révolte. Les évènements qui ont le plus touché l’opinion publique européenne, ce sont la Catastrophe de Chios (1822), la Catastrophe de Psara (en 1824) et la Sortie de Messolonghi (en 1826).

La révolution en danger. Quand les Grecs ont libéré la plus grande partie de leur patrie, ils se sont organisés aussi politiquement, en votant une constitution libérale et démocratique. Cependant, leur Gouvernement révolutionnaire n’a pas été reconnu par les Grandes Puissances (Angleterre, France, Russie, Autriche et Prussie). La Révolution se trouvait aussi en danger par une sorte de désunion des Grecs ainsi que par l’alliance du Sultan conclu avec le vice-roi Egyptien Méhémet Ali en 1825 (tableau plus haut à droite) . Le neveu de ce dernier, Ibrahim Pacha, était sur le point d’éteindre complètement la révolution des Grecs quand l’intervention armée des Grandes puissances intervint pour sauver la Révolution.

La bataille de Navarin (tableau plus haut) En Octobre 1827, la flotte unie des Anglais, Russes et des Francais vainqua lors de la bataille de Navarin (à Pylos dans le Péloponnèse) la flotte turco-égyptienne et et força Méhémet Ali à arreter la guerre au Péloponnèse.

Etat grec libre et indépendant. Après la bataille de Navarin, les puissances européennes et surtout l’Angleterre, ayant pesé leurs propres intérêts, ont compris qu’il était préférable que soit fondé un Etat grec libre et indépendant au sud de la péninsule des Balkans, dans les terres ayant préalablement appartenu à l’Empire Ottoman. La décision de la création du nouvel Etat Grec fut prise avec le Traité de Londres, le 3 février 1830. Voilà le début de l’Histoire Grecque Contemporaine.

La domination ottomane a duré suffisamment longtemps pour laisser des traces mais finalement de manière relativement subtile. On trouve encore des mosquées dans les vieilles villes de KOS ou de RHODES ou sur l’île de KASTELORIZO, mais ces lieux de culte musulman restent très minoritaires. Aussi, dans l’architecture locale, on retrouve des éléments d’architecture ottomane comme les structures en bois de la rue Sokratous à Rhodes par exemple.

 

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